Retour sur l’exposition de photographies, sculptures, dessins et broderies qui a eu lieu du 16 janvier au 8 février 2009 à l’Ancien Musée de peinture.
Ancrée, d’un côté, dans l’inconscient collectif, et de l’autre, dans l’enfance de chacun d’entre nous, le conte fait surgir les idées les plus cachés, les plus précieuses. Il fait ressortir l’âme d’un pays. Il ressemble le plus à la chanson folklorique, ce n’est pas pour rien qu’il était chanter autre fois .
Pour un Russe, en conte traditionnel est un récit qui, entendu dès son enfance, l’accompagne toute sa vie: à travers des personnages en bois sculptés sur le terrain de jeux, à travers les premiers livres, les dessins animés, les blagues et les expressions, les spectacles et les ballets.
Les artistes russes ne peuvent pas passer à côté d’un conte.
Avec ses autoportraits, Katerina Belkina se penche sur les contes littéraires, ceux de Pouchkine ou de Perrault…
Anya Maysuk
« Jeune artiste de 20 ans, raconte dans « Le dernier été de l’enfance » son passage à l’âge adulte. La vraie vie d’un adulte s’ouvre devant elle. Anya inscrit par touche de couleur la musique de ses sensations. Elle est juste et palpitante. »
Marcin Sobolev puise son inspiration dans les contes russes, dans les broderies et illustrations traditionnelles. Les envoûtants récits de sa chère babouchka ont poussé ce tagueur à explorer en profondeur le thème, décliné en grands panneaux sur les murs en sculptures de bois peint en forme de matriochka, mais aussi en peintures et dessins.
Dmitry Sokolenko
« Au premier regard, son travail déroute, peinture ou photographie ? Concept ou Matière ? On définira l’œuvre de Dmitry Sokolenko comme la photographie conceptuelle. il s’efforce de poursuivre la quête des plasticiens abstraits, des Kandinsky, des Poliakoff… L’auteur a trouvé la voie conceptuelle en photographiant des ailes de papillons, attrapés par l’écrivain Vladimir Nabokov: Série « Le Code de Nabokov ». Il a dédié une série de ses photos à Zinédine Zidane: « Zizou » (2006) en qui il voit un praticien de « la peinture sans toile ».
Ilya Starichkov
« Muni de capacité purement russe de faire des merveilles de rien, Starichkov assemble des éléments banals, qui par magie, réorganisent l’espace en emmenant le spectateur vers d’autres réalités.
Jeune artiste de 18 ans met en scène sa sœur cadette comme personnage d’un conte, et comme une poupée, créant un habile double jeu photographique.
Evdokia Zakharova
Evdokia Zakharova (Dunya) a réalisé une fresque un broderie évoquant les cavernes de Lascaux. Elle nous explique avec des points de couture noirs et rouges la fragilité de lettres modernes, en nous incitant à prendre conscience de l’autre. Comme dans les contes classiques, Evdokia parvient à instiller une morale, mais de manière subtile, moins directe.
Tout artiste est en narrateur. Au travers de sa production, il tente de nous raconter une histoire, une fiction, nous fait partager le fruit de son imagination. Tous les artistes de cette exposition sont des conteurs originaux. Ils nous présentent leurs jardins secrets, leurs anges et démons, leurs fées et leurs tours de magie.
Le genre ancien du conte est supposé être une création de groupe. De génération en génération un conte est raconté, modifié lors d’une narration, en prenant, petit à petit, sa forme finale. Cette exposition tente de montrer, à l’aide d’un ensemble d’artistes différents dans leurs approches, un mode de narration contemporaine russe. Les regards s’y croisent.
(Extraits de textes de Russiantearoom)